Onesta : hardcore, racisme et hooliganisme

Publié le par Action Antifasciste Paris

 

Le groupe Onesta se forme en 2005 à Paris. Influencés par la scène hardcore punk New Yorkaise (Madball, Biohazard…), ils sortent à l’époque coup sur coup une démo (With The Most Honourable Intentions, 2006) et un album sur le label Disagree Records (Back To Reality, 2007). Jusqu’ici, tout va bien puisque Onesta est un des groupes de la mouvance hardcore/beatdown parisienne qui, si elle n’a jamais été politisée, n’est pas non plus connue pour abriter des militants d’extrême droite. A cette époque, le groupe jouera même à la miroiterie pour un concert organisé par une association clairement étiquetée antiraciste : 40 Oz Orgasm.

 

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Tout se complique lorsque le groupe intègre en 2008 deux nouveaux musiciens. D’abord Mario Alves Do Carmo à la basse (deuxième  à partir de la droite, ex Black Bomb A et Days Of Decline) puis Pascal D. dit « Pat » à la guitare (premier à droite, ancien membre du groupe de hardcore parisien Providence). Plus étonnant, le groupe, au line up très changeant intègre également Axel, ancien batteur du groupe punk Guerilla Poubelle (qu’on ne peut pas franchement taxer de promiscuité avec l’extrême droite).

 

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Le groupe qui n’était initialement qu’un groupe de hardcore parisien comme tant d’autres commence alors à se rapprocher des milieux d’extrême droite par le biais des deux nouveaux arrivants. On les remarque régulièrement aux côtés des hooligans du Kop de Boulogne, comme ce jour où Mario Alves se fait remarquer posant devant la tribune Boulogne en compagnie de Benjamin (en rouge, guitariste du groupe de hardcore parisien Harside) et d’un hooligan et militant d’extrême droite bien connu du milieu parisien : Nicolas Paz (A Gauche). Ce dernier s’était notamment illustré en 2004 lorsqu’il avait incendié deux mosquées à Annecy, acte pour lequel il sera condamné à 5 ans de prison dont 4 fermes, voir article)

 

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Clairement influencés par les USA, son hardcore punk aux relents hip hop et ses looks sportswear, certains membres d’Onesta versent donc également dans l’activisme d’extrême droite. Etonnant lorsqu’on visionne un clip issu de leur dernier album « We got game ».

 

 

 

 

 

Illustration d’une certaine schizophrénie culturelle et politique, c’est encore Mario Alves qu’on retrouve administrateur d’une page Facebook liée aux identitaires et proclamant que « Le métissage des peuples est le génocide des cultures » aux côtés d'autres militants d'extrême droite et hooligans bien connus (Voir). Il est à noter que sur cette page figure également en bonne place, un post promo pour un concert d’Onesta.

 

 

Pascal D. n’est quant à lui pas en reste. C’est notamment le cas le 28 Février 2010 à l’occasion d’un PSG-Marseille, lorsque les hooligans du Kop attaquent les supporters de la tribune Auteuil. Chants et slogans racistes à l’appui, les hooligans agressent violemment les ultras du virage Auteuil ainsi que tout supporter un peu trop basané croisant leur chemin. Ce jour là, les hooligans sont appuyés par un certain nombre de militants politiques d’extrême droite (voir nos article à l'époque ICI et LA) mais également par Pascal D., guitariste d’Onesta que l’on peut apercevoir au premier rang de ces violences.  (Voir la photo en grand taille et la vidéo)

 

 

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Cette violente agression se soldera par la mort de Yann Lorence, membre de la tribune Boulogne, battu à mort par des supporters ulcérés de cette nouvelle agression raciste des hooligans du Kop de Boulogne.

 

Constant dans son activisme, Pascal D. s’illustre également le Dimanche 11 Avril 2010 lorsque suite à un affrontement entre militants du GUD (Groupe Union Défense) et militants antifascistes, un certain nombre de personnes sont arrêtées et transférées au dépôt du tribunal de grande instance de Paris. Alors qu’un certain nombre de militants antifascistes se sont rassemblés à proximité du tribunal, c’est le très médiatique Serge Ayoub, alias « Batskin », qui vient provoquer les antifas appuyé en cela par… Pascal D. et son compère Mario Alves. C’est donc, non sans surprise, que les militants antifascistes constatent que ce jour là, survêtements et bombers font allègrement équipe. 

 

De son côté, Mario Alves franchi mi-2010 un nouveau cap en se rapprochant fortement du Projet Apache (section jeunesse du Bloc Identitaire Paris) qu’il intègre finalement.

Cette hyperactivité dans les milieux d’extrême droite ne passe pas inaperçue chez les antifas mais n’entraine par de réaction au sein de la scène hardcore à laquelle ils appartiennent et au sein de laquelle ils continuent à être actifs et à se produire en concert (notamment le 24 Aout 2010 au Nouveau Casino en compagnie des américains de  Madball).

 

Ils se produisent également le Jeudi 18 Novembre dernier à la péniche Alternat à Paris en compagnie du groupe New Yorkais Skarhead. Ce jour là, le groupe, sentant peut être le vent du boulet, s’adjoint les services de plusieurs dizaines de hooligans du kop de Boulogne et de militants du Projet Apache. Le concert se soldera par de violents incidents avec des antifascistes et voit les hooligans éructer cris de singes et slogan racistes devant le lieu du concert.  Mais ce jour là encore, Onesta assure sa prestation  et le public ne réalise pas les raisons de cet affrontement.

 

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A la suite du concert on pourra observer Bogdan, chanteur du groupe Onesta, remercier sur la page facebook du concert les membres du K.O.B. (Kop Of Boulogne) pour leur présence ainsi que l’association organisatrice « Crime In Hell » déclarer que le concert s’est très bien passé. Ce jour là, c’est donc officiellement que des groupes et associations de la scène hardcore font équipe avec des militants d’extrême droite.

 

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 Apolitisme extrême, défaut d’information ou peur de réagir ? Toujours est-il que le groupe et ses membres restent présents au sein de la scène hardcore et que le public ne semble pas réaliser l’activisme d’extrême droite qu’entretiennent une partie  de ses adeptes.

 

 

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